Être libre, financièrement…

Voici la bande-annonce d’un documentaire intitulé « Liberté. un éveil à l’indépendance financière« , auquel j’ai participé. Produit et réalisé par Antoine Denis, un Sherbrookois de 23 ans, il traite de finance bien plus que de consommation, comme le titre l’indique. Cependant, derrière le thème apparent se cachent des réflexions fondamentales sur nos valeurs.

Ont participé à ce documentaire : Pierre-Yves McSween, Fabien Major, Anne Marcotte, François Lambert, Nelson Mooney, Nathalie Marceau, Nicolas Duvernois, Jean-Sébastien Pilotte, Nicolas Bérubé, Véronique Berthiaume, Dominique Favreau, et moi-même.

Passons sur la présence de deux millionnaires (François Lambert et Nicolas Duvernois)… Quant à Pierre-Yves McSween, il agace, certes. Personnellement, ses solutions très libérales ne me rejoignent pas. En gros, il nous dit : « démerde toi, soit plus intelligent que les autres ». Je crois plutôt qu’au lieu de mettre la responsabilité entière sur chaque individu, il faut dénoncer le système de la consommation qui nous pousse à consacrer trop de temps et d’efforts à travailler. Par contre, son discours a un grand mérite : il constitue une critique radicale et donc subversive de nos valeurs et nos manières de vivre. C’est très rare, et ça mérite d’être souligné.

Même pas besoin de consommer pour participer à la société de consommation

Voici un comportement étrange.

Que fait cette personne ?

Pourquoi ?

Que font-ils tous ?

Ils participent à la société de consommation !

Dans la vidéo suivante, je montre comment on participe à la société de consommation sans acheter. Il suffit d’aimer ou ne pas aimer un produit et de le dire. Ou simplement juger une personne en fonction de ce qu’elle possède.

Je développe davantage ces arguments dans mon essai Le piège de la société de consommation (Liber, 2019), en particulier le chapitre 2, dont voici le résumé :

Le Hummer, le VUS le plus controversé de l’histoire, illustre jusqu’à l’absurde la logique symbolique de la consommation. Certains de ses propriétaires ne se contentent pas d’avoir du plaisir, de se sentir puissants et de se définir par leur véhicule. Fortement critiqués, ils se défendent en faisant de leur achat et de l’utilisation qu’ils font de leur véhicule un acte patriotique. Pendant ce temps, certains de leurs opposants ont manifesté leur désapprobation publiquement, et de manière flamboyante. Ainsi, simplement en diffusant leur opinion sur ce produit, sans même effectuer d’achat, ses détracteurs ont entériné sa charge symbolique, et ont donc participé à la reproduction de la société de consommation. Les uns comme les autres ont contribué à donner à cet objet une importance démesurée.

Photo : edkohler [CC BY 2.0] via flickr

Choisir entre l’économie et l’écologie

Dans cet article de Ricochet, intitulé Le paradoxe de la relance, entre consommation non-durable et développement durable, le journaliste Simon Paré-Poupart met en perspective les propos de Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal, et Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec, avec les miens. Nos points de vue sont assez différents. Pour ma part :

  • Je ne vois pas comment on peut stimuler l’économie sans faire augmenter la consommation.
  • Je ne vois pas comment on peut relever les défis environnementaux sans faire diminuer la consommation.
  • Bref, contrairement à ce que l’on tente de se faire croire, j’ai bien peur que l’on soit obligé de choisir entre la croissance économique et la sauvegarde écologique.

Pour l’instant, on a choisi l’économie. Prenons en acte, et ne nous privons d’aucun produit, pour des raisons écologiques, dès lors que l’on en fait de la publicité. Tant et aussi longtemps que le système nous y encourage, nous n’avons pas de raison de nous sentir coupable d’acheter. Voici une suggestion.

Photo: Francisco Schmidt [CC BY-NC 2.0] via flickr

La valeur de Facebook

Le chat est sorti du sac. Le 18 février 2021, Facebook a bloqué des sites d’actualité en Australie en guise de représailles contre un projet de loi l’obligeant à mieux rémunérer les médias dits traditionnels. Pour le sens commun, une telle action est stupide, en plus d’être immorale. Mais, pour le monde des affaires, cela tombe sous le sens. Il s’agit de défendre bec et ongles les intérêts des actionnaires. C’est la raison d’être de l’entreprise privée. Et, en termes de relations publiques, il s’agit de tenter de faire croire que ses actions contribuent au bien commun (le consommateur y gagne, ça favorise la concurrence et l’innovation, ça préserve la liberté, c’est bon pour la croissance et pour l’emploi, etc.).

C’est amusant. Facebook est justement poursuivie aux États-Unis pour abus de position dominante. La compagnie justifie son hégémonie parce que qu’elle offrirait « le plus de valeur » aux consommateurs. Bullshit. Dans cet article publié dans le Devoir, je tente de pulvériser cet argument fallacieux. Inutile de le partager dans Facebook.

Photo: Prachatai via flickr [CC BY-NC-ND 2.0]

Voter, c’est acheter

Acheter c’est voter ? Quelle fumisterie néolibérale ! Par contre, peut-être que voter, c’est acheter. Cette idée pourrait aider à comprendre pourquoi environ la moitié des États-uniens ont voté pour Donald Trump en 2016.

ledevoir.com/opinion/idees/484831/idees-voter-c-est-acheter

Photo : Flavio [CC BY-NC 2.0] via flickr

Pourquoi penses-tu en avoir besoin?

Il n’est pas sûr que la question « En as-tu vraiment besoin? » soit vraiment bonne. Il faudrait peut-être plutôt se demander : « Pourquoi penses-tu en avoir besoin? »

Voici un début de réponse à cette question que l’on ne se pose pas :

lequotidien.com/actualites/page-uqac/pourquoi-penses-tu-en-avoir-besoin

Et, si besoin, je serai sur Zoom pour en discuter le mercredi 16 décembre 2020, à midi : uqac.zoom.us/my/quotidien (un événement organisé par l’Université du Québec à Chicoutimi).

Photo : luvi [CC BY-NC-ND 2.0] via flickr

Lancement du livre – Le piège de la société de consommation

RVB de base

Les lecteurs et les lectrices de ce blogue sont cordialement invités au lancement de mon essai « Le piège de la société de consommation », à la librairie Les Bouquinistes, au 392 de la rue Racine Est, Chicoutimi, le jeudi 4 avril 2019 à 18 h. Un vin d’honneur sera servi.

Invitation au lancement.

Le piège de la société de consommation

Couverture - Le piège de la société de consommation

« “Moi aussi ! Moi aussi !”

» Dès l’enfance, nous apprenons à canaliser nos désirs vers ce que les autres ont obtenu avant nous. Nous devons réprimer la plupart de nos pulsions, mais nous comprenons vite que la consommation en constitue un exutoire socialement accepté. Mieux, elle est socialement encouragée, et de nombreux choix de consommation discutables sont érigés en norme, pour notre plus grand plaisir. Ainsi, la boisson gazeuse est devenue inséparable du hamburger. Effectuer un tour dans un manège qui se trouve à portée de vue coule de source, dès lors que nos parents ne sont ni pressés ni pauvres. Et le pop-corn hors de prix fait partie intégrante de l’expérience cinématographique. Très tôt, nous prenons conscience que le marché, qui va au-devant de nos envies et qui les naturalise, a quelque chose de magique.

» À l’adolescence, la consommation devient une affaire sérieuse. Les vêtements qu’on porte, la musique qu’on écoute permettent de se définir. Les appareils électroniques et les applications qui les accompagnent apparaissent comme des moyens obligés d’être au monde. Consommer devient un acte existentiel, vecteur d’affirmation de soi, de cohésion du groupe et d’affranchissement des adultes. Mais au prix d’une soumission à la logique de la société de consommation. Ainsi, dès l’école secondaire, cette logique est déjà complètement intériorisée : les élèves les plus populaires sont ceux qui consomment le plus et le mieux. Ils savent quoi acheter, quoi faire, quoi aimer, quoi partager, quoi commenter. Bref, ils indiquent aux autres quoi désirer et avec quelle intensité. Et ils effectuent ce travail promotionnel gratuitement, contrairement aux vedettes qui les ont d’abord influencés.

» À l’âge adulte, rien ne change. […] »

Vous venez de lire le début de mon livre Le piège de la société de consommation, publié chez Liber. Pour lire la suite, vous pouvez vous rendre dans une librairie près de chez vous ou aller sur leslibraires.ca.

D’ici là, vous pouvez en apprendre davantage sur le site de l’éditeur Liber.

(Notez les techniques de marketing : ciblage, accroche, échantillon gratuit, appel à l’action, choix additionnel [points de vente], offre d’information supplémentaire… Un piège, peut-être ?)

Image : Xosema [CC BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons

Piégés par les marques

Murale AdidasLa publicité traditionnelle possède au moins la vertu de ne tromper personne sur ses intentions. Les marques de commerce, en revanche, nous trompent sur toute la ligne. Elles se présentent comme des entités bienveillantes qui nous accompagnent au quotidien et qui nous rendent plus performants, plus séduisants, etc. Mais, en réalité, la marque de commerce est devenue un parasite social qui a réussi le tour de force de Lire la suite