Choisir entre l’économie et l’écologie

Dans cet article de Ricochet, intitulé Le paradoxe de la relance, entre consommation non-durable et développement durable, le journaliste Simon Paré-Poupart met en perspective les propos de Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal, et Mia Homsy, directrice générale de l’Institut du Québec, avec les miens. Nos points de vue sont assez différents. Pour ma part :

  • Je ne vois pas comment on peut stimuler l’économie sans faire augmenter la consommation.
  • Je ne vois pas comment on peut relever les défis environnementaux sans faire diminuer la consommation.
  • Bref, contrairement à ce que l’on tente de se faire croire, j’ai bien peur que l’on soit obligé de choisir entre la croissance économique et la sauvegarde écologique.

Pour l’instant, on a choisi l’économie. Prenons en acte, et ne nous privons d’aucun produit, pour des raisons écologiques, dès lors que l’on en fait de la publicité. Tant et aussi longtemps que le système nous y encourage, nous n’avons pas de raison de nous sentir coupable d’acheter. Voici une suggestion.

Photo: Francisco Schmidt [CC BY-NC 2.0] via flickr

La valeur de Facebook

Le chat est sorti du sac. Le 18 février 2021, Facebook a bloqué des sites d’actualité en Australie en guise de représailles contre un projet de loi l’obligeant à mieux rémunérer les médias dits traditionnels. Pour le sens commun, une telle action est stupide, en plus d’être immorale. Mais, pour le monde des affaires, cela tombe sous le sens. Il s’agit de défendre bec et ongles les intérêts des actionnaires. C’est la raison d’être de l’entreprise privée. Et, en termes de relations publiques, il s’agit de tenter de faire croire que ses actions contribuent au bien commun (le consommateur y gagne, ça favorise la concurrence et l’innovation, ça préserve la liberté, c’est bon pour la croissance et pour l’emploi, etc.).

C’est amusant. Facebook est justement poursuivie aux États-Unis pour abus de position dominante. La compagnie justifie son hégémonie parce que qu’elle offrirait « le plus de valeur » aux consommateurs. Bullshit. Dans cet article publié dans le Devoir, je tente de pulvériser cet argument fallacieux. Inutile de le partager dans Facebook.

Photo: Prachatai via flickr [CC BY-NC-ND 2.0]

Lancement du livre – Le piège de la société de consommation

RVB de base

Les lecteurs et les lectrices de ce blogue sont cordialement invités au lancement de mon essai « Le piège de la société de consommation », à la librairie Les Bouquinistes, au 392 de la rue Racine Est, Chicoutimi, le jeudi 4 avril 2019 à 18 h. Un vin d’honneur sera servi.

Invitation au lancement.

Le piège de la société de consommation

Couverture - Le piège de la société de consommation

« “Moi aussi ! Moi aussi !”

» Dès l’enfance, nous apprenons à canaliser nos désirs vers ce que les autres ont obtenu avant nous. Nous devons réprimer la plupart de nos pulsions, mais nous comprenons vite que la consommation en constitue un exutoire socialement accepté. Mieux, elle est socialement encouragée, et de nombreux choix de consommation discutables sont érigés en norme, pour notre plus grand plaisir. Ainsi, la boisson gazeuse est devenue inséparable du hamburger. Effectuer un tour dans un manège qui se trouve à portée de vue coule de source, dès lors que nos parents ne sont ni pressés ni pauvres. Et le pop-corn hors de prix fait partie intégrante de l’expérience cinématographique. Très tôt, nous prenons conscience que le marché, qui va au-devant de nos envies et qui les naturalise, a quelque chose de magique.

» À l’adolescence, la consommation devient une affaire sérieuse. Les vêtements qu’on porte, la musique qu’on écoute permettent de se définir. Les appareils électroniques et les applications qui les accompagnent apparaissent comme des moyens obligés d’être au monde. Consommer devient un acte existentiel, vecteur d’affirmation de soi, de cohésion du groupe et d’affranchissement des adultes. Mais au prix d’une soumission à la logique de la société de consommation. Ainsi, dès l’école secondaire, cette logique est déjà complètement intériorisée : les élèves les plus populaires sont ceux qui consomment le plus et le mieux. Ils savent quoi acheter, quoi faire, quoi aimer, quoi partager, quoi commenter. Bref, ils indiquent aux autres quoi désirer et avec quelle intensité. Et ils effectuent ce travail promotionnel gratuitement, contrairement aux vedettes qui les ont d’abord influencés.

» À l’âge adulte, rien ne change. […] »

Vous venez de lire le début de mon livre Le piège de la société de consommation, publié chez Liber. Pour lire la suite, vous pouvez vous rendre dans une librairie près de chez vous ou aller sur leslibraires.ca.

D’ici là, vous pouvez en apprendre davantage sur le site de l’éditeur Liber.

(Notez les techniques de marketing : ciblage, accroche, échantillon gratuit, appel à l’action, choix additionnel [points de vente], offre d’information supplémentaire… Un piège, peut-être ?)

Image : Xosema [CC BY-SA 3.0] via Wikimedia Commons